Parler de l'état naturel, sans identification, mettre des mots sur ce qui est au delà des mots est une vraie gageure. Mais voilà,... un poisson de sel propose d'échanger à propos de l'immensité de l'océan avec d'autres poissons de sel.
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lundi 16 mars 2015

Eveil ou pas éveil ?

  1. Bonjour, 
    Voici une proposition au sujet de la réincarnation et de l'éveil qui a été posté dans un article sur la réincarnation par "anonyme" :

    " Cette idée d’incarnation vous concerne tant que vous croyez être une entité personnelle " ---) Oui et QUI essaie de se convaincre qu'il n'est pas une entité personnelle, soit une entité responsable et de ses actes dans un monde duel ? 
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  2. "L’éveil, ça n’existe pas. La seule chose qui existe, c’est une personne qui disparaît en tant que conscience limitée et qui se découvre illimitée" (Joakim).
    --) Effectivement, l'éveil n'existe pas pour cet homme parce qu'il n'a pas encore réalisé qui est "JE". Alors on fusionne avec la présence impersonnelle du corps et on la confond avec l'esprit, qui est bien une individualité (= indivi-dualité = indivisible dans la dualité). L'esprit ne s'est pas retourné sur lui-même, donc il n'y a pas d'éveil possible tant qu'on essaie de s'effacer. Le serpent se mord ma queue... QUI essaie de s'effacer lol ? Oui et QUI a gobé des enseignements fallacieux lui disant que le bonheur était de se fondre dans un impersonnel suspect ?? L'éveil n'est pas un endormissement, un sommeil profond. C'est justement l'inverse, c'est pour ça que ça s'appelle l'éveil bon sang ! Internet donne vraiment du crédit et vie à de petits maîtres autoproclamés sans consistance.

2 commentaires:

  1. Je suis très heureux de lire les commentaires de cet Anonyme : ils nous changent de la tournure de salon qu'ont la plupart des propos sur la spiritualité ! D'autant qu'il a raison ; quant à son ton, la tarte à la crème de la non dualité qu'on nous sert presque toujours et partout, le justifie. Oui, l'éveil est à la conscience ce que la conscience est à l'inconscience : la conscience qui prend conscience d'elle-même. Or, c'est le propre de la conscience de dire : JE. Or, rien de moins "impersonnel" que JE ! Il suffit de lire l'ouvrage JE SUIS qui est le seul livre d'entretiens de Nisargadatta qu'il ait lui-même relu, pour comprendre comme le dit Nisargadatta, que l'éveillé n'est pas un bout de bois mais le Vivant par excellence. Ces entretiens d'un homme qu'on nous présente comme un non dualiste, n'ont rien de dogmatique contrairement à la plupart des livres de spiritualité : parce que Nisargadatta, lui, dit ce qu'il sait pour l'être (il ne cesse de rappeler que dans la réalisation, connaître c'est être et être c'est connaître). Je rappelle d'ailleurs que lui-même dit que s'il parle en des termes advaïtins, c'est seulement parce que c'est ainsi qu'il a appris à s'exprimer... Si Nisargadatta rappelle sans cesse à ses interlocuteurs qu'ils ne sont pas une "personne", comment ne pas voir que ce qu'il vise est le FAUX MOI - une création mentale usurpatrice de notre identité véritable -, lui qui dit par ailleurs que "tout est mien, tout est MOI", "même quand je suis inconscient, je suis conscient", et que dans l'Absolu, il y a bien une identité ! Enfin il suffit de savoir lire. Je rappelle que Stephen Jourdain était opposé à cette non dualité qu'on nous présente et qui renie toute identité, prêchant un impersonnel qui rend ses adeptes schizophrène, lui qui a dit : "je ne suis pas comme il pleut".

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  2. On imagine trop l'éveil : du coup, on le dénature. Imaginons qu'un jour, nous nous réveillons et voilà que tout est bien là, mais a pris soudain un aspect irréel. C'est comme un rêve, mais éveillé. Et vous réalisez par la même occasion que, si vous n'êtes pas Sophie, votre charmante voisine (mais ça, vous le saviez déjà), vous n'êtes pas non plus celui qu'indique votre carte d'identité. Dans la foulée, vous réalisez que vous êtes la réalité même, ce qui donne au rêve sa consistance (comme le miroir donne sa consistance aux images qu'il reflète). Et comme vous êtes toute la réalité, vous êtes la totalité de ce qui existe : êtres vivants et matière. Et en même temps, vous êtes également plus que tout ce qui existe : irréductible à toute identité ; aucune forme, aucun nom ne peut plus vous enfermer. Et comme vous êtes TOUT - tout ce qui existe et tout ce qui pourrait exister -, vous êtes seul, absolument seul, merveilleusement seul. Mais si vous ne pouvez plus être réduit à aucun nom ni à aucune forme, vous pouvez cependant continuer de dire : JE, seulement, ce JE, votre identité véritable, n'est plus identifié à votre ancienne identité, n'est plus lié à aucune identité. Mais le miracle est que pour autant, vous êtes bien quelqu'un et non une masse inerte : vous êtes plus vivant que jamais. Le rêve, quant à lui, continue de se dérouler, et vous n'êtes pas réduit à un état passif : au contraire, parce que vous êtes absolument libre de toute contrainte de temps et d'espace, vous êtes extraordinairement agissant ; ne dépendant plus de rien, c'est comme si à chaque instant, vous vous faisiez naître vous-même. Et vous continuez bien sûr de vivre l'histoire du rêve, simplement sans vous y sentir enfermé si peu que ce soit : si vous avez un conjoint et des enfants, vous vous en occupez et vous les aimez. Oui, vous ne faites pas semblant : vous vivez une vie singulière avec ses aléas, ses joies et ses peines, et en même temps, vous êtes enraciné au-delà, transcendant en permanence le temps et l'espace. Désormais, pour vous, tout est ici-maintenant : plus de temps "réel", plus d'espace "réel" mais seulement l'ici-maintenant de la conscience consciente d'elle-même, ne s'oubliant plus dans le spectacle du rêve et dans son specteur (le faux moi). Cet homme a réalisé l'appel de Krishnamurti à être sa propre lumière : il n'a besoin d'aucun maître, ni d'aucun disciple. Il est la Vérité et la Vie elles-mêmes qu'il connaît donc immédiatement et intimement. En réalité, comme le rappelle Krishna Menon, grand sage de l'Inde contemporaine qui, je le rappelle, appelait l'Absolu le PRINCIPE-JE : la Vérité ne peut être connu par la bouche d'un autre ou dans les livres car c'est uniquement le mental qui connaît dans ce cas, et le mental ne connaît que l'imaginaire ; la Vérité ne peut être connue que par Elle-même, directement.
    Mais qui veut vraiment la connaître ? Ramdas a un jour proposé à ses disciples de d'offrir la réalisation ici et maintenant, tout de suite à celui qui s'avancerait : aucun ne s'est avancé... Comme le rappelle Nisargadatta, peu importe la voie choisi, c'est le sérieux qui mène au but. Husserl ne dit pas autre chose : "s'intéresser à la philosophie (à la non dualité ?), réfléchir à l'occasion à des questions de vérité et même y travailler continuellement, ce n'est pas encore être philosophe (spirituel) : il manque le radicalisme de la volonté prête à l'ultime exigence".

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